The Hill of Crosses / Jurgaičiai, Lithuania

[Français]

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Crossroads. Like, literally.

Vampire friends who are currently reading this post, beware! If there is one place on Earth you’d better avoid, this is the one. Neither because it is located atop a hill and that sunbeams can reach it easily, nor is it an area covered in garlic crops. But at the top of Lithuania’s Hill of Crosses, you would find more than 100,000 causes to die on the spot.

The locals call it Kryžių kalnas. Located about 12 kilometers north from Šiauliai, Lithuania’s fourth largest city, this place is considered nowadays a major pilgrimage spot. Over the years, pilgrims, visitors and curious minds have checked out the Hill and sometimes left behind a crucifix, a religious relic, statue, painting, or any other faith-related item that would find a home at the Hill of Crosses.

But beyond the traditional pilgrimage spots that one may find all across Europe, this one also mirrors the country’s history and the Hill has been, through hard times, a haven for hope-seekers and prayer-sayers. Let’s jump back in time to understand what makes it so special to Lithuanians.

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“Come on, you gotta be kidding”  – Dracula

The Eastern European country has indeed experienced various stages in the course of its history; as early as the 18th century, both Prussia and Russia started gaining on Lithuania’s territories on both sides. The sandwiched country would be put under Russian rule (featuring censorship and ‘cultural imperialism’) and revolts were violently suppressed.

When WW1 broke out, Germans interfered and pushed Lithuania towards independence – even though this move aimed at creating a satellite state, it was achieved in 1918. Following German occupation, came the Soviets: both sides forced the country to differ from its WW2-neutral stand, and Lithuania became part of the Soviet Union in 1940. It would take half a century (and the fall of the USSR) for the East-European country to regain its independent status, although with fragile economic, social and political health.

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The Council of Lituania ratified the Act of Independence on February 16, 1918. (Photo credit: Lietuvos nacionalinis muziejus/National Museum of Lithuania via Wikipedia, CC BY-SA 2.5)

In this context where invaders and powerful troublemakers chased one another, the Hill of Crosses could be considered a shelter from foreign influence as well as a bastion of Lithuanian independence, resistance and cultural identity. From 130 in 1900, the number of crosses atop Kryžių kalnas rose to 400 four decades later. Accounting for the site’s success in keeping the locals’ spirits up, the Russians demolished it at least three times and put a lot of effort into removing the crosses, which still amounted to some 55,000 at the turn of the 21st century. Nowadays this figure has doubled up, and among the Hill of Crosses’ recent donations, even one made out of Lego can be found.

Considering the time and the efforts made towards achieving peace and freedom of mind in Lithuania, following numerous centuries of oppression, the expression ‘Way of the Cross’ finds a perfect illustration here.


Sources:


Amis vampires qui lisent cet article, prenez garde ! S’il y a un endroit sur Terre que vous feriez bien d’éviter, c’est celui-ci. Non, ce n’est ni l’un des points les plus ensoleillés du globe, ni l’un des bastions de la culture d’ail ; en revanche, au sommet de la Colline des Croix, en Lituanie, vous trouveriez près de 100 000 causes de mort prématurée.

Les locaux l’appellent Kryžių kalnas. Situé à douze kilomètres au nord de Šiauliai, la quatrième ville la plus importante du pays, l’endroit est un lieu de pèlerinage renommé. Au fil des années, pèlerins, visiteurs et curieux s’y sont pressés, laissant derrière eux un témoignage de leur foi ou de leur respect pour la culture lituanienne : un crucifix, une relique, une statue de la Vierge, un portrait de saint, ou tout autre objet qui a trouvé à la Colline des Croix sa nouvelle maison.

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Des visiteurs du monde entier viennent laisser leur marque au sommet de la colline lituanienne… Certains fabriquent même la leur de branches glanées sur place ! (Credit: yeowatzup via Wikimedia)

Mais au-delà de son statut de lieu de pèlerinage, homologue de tant d’autres à travers l’Europe, celui-ci reflète également l’histoire de tout un pays. La Colline a été, dans les temps les plus durs, un havre d’espoir et de paix dans un contexte permanent d’insécurité. Remontons un peu le temps pour comprendre ce qui la rend si spéciale auprès des Lituaniens.

Le pays d’Europe de l’Est a, en effet, souvent été la victime des forces impérialistes qui dominaient son époque. Coincé entre l’Empire Russe et le Royaume de Prusse, il a vu son territoire grignoté des deux côtés par les ambitions dévorantes de ses voisins. Prise en sandwich, la Lituanie a subi la domination russe dès le 18ème siècle (incluant la censure et l’impérialisme culturel, entre autres subtilités) et les révoltes qui ont enflammé son cœur indépendantiste furent réprimées dans le sang.

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Drapeau lituanien sous l’impérialisme soviétique (introduit en 1953) : l’un des symboles de l’identité culturelle lituanienne convertis à la marque communiste, tout comme le furent la presse et l’alphabet durant la Guerre Froide (Source: Wikimedia)

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, les noms des acteurs ont changé, mais les forces en présence restent les mêmes. L’Allemagne, héritière de la Prusse, pousse le pays vers son indépendance – derrière ces nobles volontés se cache l’ambition d’en faire un état satellite – qui est actée en 1918. Après l’occupation allemande, c’est au tour des Soviétiques d’envahir Vilnius : les deux puissances s’écharpent pour sortir la Lituanie de son statut de pays-neutre pendant le second conflit mondial, qui rejoint bien malgré elle l’Union Soviétique en 1940. Il faudra tout juste un demi-siècle, et la chute de l’URSS, pour que la nation est-européenne retrouve son indépendance, héritant d’institutions fragiles et d’une mauvaise santé économique et sociale.

Dans ce contexte où envahisseurs et fauteurs de trouble se chassaient l’un l’autre, la Colline des Croix apparut comme un phare dans la nuit, garante de l’identité culturelle lituanienne que les influences étrangères menaçaient, bastion de résistance et d’indépendance. De 130 en 1900, le nombre de croix au sommet de Kryžių kalnas a grimpé à près de 400 quatre décennies plus tard. Témoignant du succès du site à tenir le moral des Lituaniens, les Russes le démolirent par trois fois et déployèrent de nombreux efforts pour évacuer les reliques, dénombrées à près de 55 000 au tournant du 21ème siècle. Aujourd’hui, ce chiffre a doublé, et parmi les legs des visiteurs à la Colline, on trouve même un crucifix en Lego !

Désormais, visiter ce lieu et y laisser un témoignage, c’est reconnaître ce combat pour la paix et la défense des cultures individuelles – des valeurs gagnées, pour les Lituaniens, au terme d’un véritable chemin de croix.

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